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Étalonner ses couleurs sur CapCut sans tout casser

Une image plate n'est pas une image ratée : c'est une image qui n'a pas encore été réglée. Mais entre « pas réglée » et « surchargée », il y a une marge étroite, et la plupart des vidéos la manquent du même côté.

Par Salvador K. Bel ·

L'ordre compte : lumière d'abord, couleur ensuite

Régler la saturation avant l'exposition, c'est peindre avant de poncer. Chaque réglage change la perception du suivant, donc l'ordre n'est pas une question de goût.

L'ordre qui marche :

  • l'exposition et la luminosité, pour que l'image soit à la bonne intensité globale ;
  • le contraste, qui creuse l'écart entre les zones sombres et claires et donne du relief ;
  • la saturation, une fois seulement que la lumière est juste ;
  • la netteté, en dernier, et de très peu.

Si tu reprends la luminosité après avoir monté la saturation, tu devras refaire la saturation. C'est comme ça qu'on tourne en rond pendant une demi-heure sur un plan.

Les trois excès qu'on voit tout de suite

La luminosité poussée trop haut. L'image « brûle » : les zones claires deviennent des aplats blancs, et ce qui est perdu là ne revient jamais. Un ciel devenu blanc ne redeviendra pas bleu en baissant la luminosité ensuite.

La saturation poussée trop haut. C'est la peau qui trahit en premier : elle vire à l'orange ou au rouge. Une règle simple — regarde un visage, pas le décor. Si le teint paraît juste, la saturation l'est ; si le décor est magnifique et le visage cuivré, elle ne l'est pas.

La netteté poussée trop haut. Légèrement augmentée, elle donne ce piqué de caméra de cinéma. Trop, elle dessine un liseré clair autour des contours, et l'image devient sale sans qu'on sache pourquoi.

Les filtres et les LUT : jamais à 100 %

Un filtre est un réglage tout fait, calculé sur une image qui n'est pas la tienne. Appliqué en entier, il écrase ce que tu viens de régler et impose une ambiance qui ne colle pas forcément à ta lumière.

La méthode : règle d'abord ton image à la main, puis pose le filtre et redescends son intensité. En dessous de 100 %, il colore ton image au lieu de la remplacer — et c'est exactement ce qu'on lui demande.

Le repère que je donne : si tu peux nommer le filtre en regardant la vidéo, il est trop fort.

Harmoniser plusieurs plans entre eux

C'est là que l'étalonnage commence vraiment. Un plan filmé près d'une fenêtre et un plan filmé trois mètres plus loin n'ont ni la même température ni la même intensité, et le passage de l'un à l'autre saute aux yeux même si chaque plan pris isolément est beau.

La méthode : choisis le plan qui te plaît le plus, règle-le, et amène les autres vers lui — pas l'inverse. Travailler plan par plan sans référence donne une vidéo où chaque coupe change d'ambiance.

Et regarde toujours le résultat en lecture continue, jamais sur des images fixes. C'est l'enchaînement qui révèle les écarts.

Le réglage le plus rentable reste le tournage

Aucun étalonnage ne rattrape une image sous-exposée ou filmée à contre-jour. Une minute passée à déplacer ton sujet pour qu'il ait la lumière en face vaut mieux qu'une heure de curseurs.

Nettoie aussi l'objectif avant de filmer. C'est banal, et c'est ce qui explique la moitié des images « bizarrement floues et laiteuses » qu'on cherche ensuite à corriger au montage.

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